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Editeur Pocket, Collection Litterature, 245 pages, 2011, 7,20 €

Cette semaine, sort au cinéma le film "L'attentat" de Ziad Doueiri, avec Ali Suliman. Une adaptation d'un très grand roman de Yasmina Khadra, écrivain de langue française né en 1955 dans le Sahara algérien, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul. Son œuvre est connue et saluée dans le monde entier, surtout sa trilogie consacrée au conflit entre Orient et occident avec "Les hirondelles de Kaboul", "L’attentat" et "Les sirènes de Bagdad". Ses romans sont, pour la plupart, traduits dans 40 langues et récompensés par de nombreux prix. (www.yasmina-khadra.com)

Dans "L'attentat", Amine, chirurgien israélien d’origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d’origine et son peuple d’adoption en se consacrant entièrement à son métier et à sa femme, Sihem, qu’il adore. Jusqu’au jour où, à Tel Aviv, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant, semant la mort et la désolation. Toute la journée, Amine opère les victimes de l’attentat, avec pour tout réconfort l’espoir de trouver le soir l’apaisement dans les bras de Sihem. Mais quand il rentre enfin chez lui, au milieu de la nuit, elle n’est pas là. On le rappelle de l’hôpital où il apprend la nouvelle terrifiante : il doit reconnaître le corps mutilé de sa femme qui est accusée d’être la kamikaze. Amine, pour comprendre comment sa femme a pu en arriver à une telle extrémité, s’efforce de rencontrer tous ceux qui l’ont poussée à ce geste fou...

Au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture de cet ouvrage, on découvre un nouveau monde qui bouleverse nos certitudes. Il ne s'agit pas d'un livre de plus sur le drame palestinien car ce qui intéresse beaucoup plus l'auteur, c'est l'amour, le lien qui unit deux êtres, maisqui ne suffit pas pour vraiment connaître l'autre. "Comment aurais-je pu la vivre puisque je n'arrêtais pas de la rêver ?" s'interroge le personne principal...

Sa quête d'un "pourquoi" est intelligente, sans compromission. C'est un livre bouleversant, plein d'émotion, sur le problème israélo-palestinien et sur l'humanité en général.

Il est intéressant de donner la parole au réalisateur Ziad Doueiri qui éclaire bien les choses : "Il y a une campagne menée pour interdire la sortie du film dans mon pays. Le gouvernement libanais a une position ambivalente parce que j’ai violé la loi qui interdit à tous ses ressortissants d’être en contact, même de se faire photographier, avec un Israélien. (...) Ceux qui ont initié cette cabale contre moi n’ont même pas vu le film : ils se sont juste fondés sur le fait que "L'Attentat" a été, en partie, tourné à Tel-Aviv avec quelques acteurs israéliens. Ils invoquent même la peine de mort, ce que le gouvernement n’appliquera jamais. Pour eux, j’ai commis un sacrilège, presque un crime d’État. Je vais rentrer me battre pour que le film sorte au Liban et au Moyen-Orient. On ne peut pas faire porter à un cinéaste tout le poids d’une cause et d’un conflit. Je ne suis le porte-étendard d’aucune lutte. Je suis tombé amoureux du livre de Yasmina Khadra et je me suis donné tous les moyens de raconter cette histoire."

Les anciens Coups de coeur