Date de publication: 
01/11/2007

En 1994, la Banque mondiale énonce pour la première fois une théorie des pensions fondée sur trois piliers.

Reprise par l’OCDE et l’Union européenne, elle est construite à partir du présupposé que le vieillissement de la population rendra impossible le financement, au sein de la sécurité sociale, des régimes légaux de pension basés sur le principe de la répartition.

La démonstration est simple : les pensions des pensionnés d’aujourd’hui sont financées avec l’argent provenant des cotisations sociales que les travailleurs actifs versent à la sécurité sociale. Or, en raison notamment du « papy boom », il y a de moins en moins de travailleurs en âge de travailler et de plus en plus de pensionnés. Cette évolution démographique, qui s’accentue, menacerait la viabilité financière des régimes légaux de pension.

Face à ce constat, la théorie des 3 piliers de pension met en avant la nécessité pour les travailleurs de compléter la pension légale par une pension complémentaire constituée à titre privé au cours de la vie active dans des systèmes de capitalisation (Fonds de pension, assurances de groupe, épargnes individuelles et assurances-vie).

Cette approche relève d’une vision idéologique d’autant plus dangereuse qu’elle procède d’une grande cohérence interne. Elle s’appuie sur une conception du vieillissement de la population systématiquement présenté comme une catastrophe économique alors qu’il est d’abord le fruit d’une amélioration générale des conditions de vie et de travail pour laquelle les travailleurs se sont battus.