Comprendre la gravité de la crise

Date de publication: 
15/11/2022
Auteur: 
Olivier Bonfond & Lydie Gaudier
Nombre de signes: 
18339

Suite à la « reprise » économique chaotique post-covid, à la guerre en Ukraine, mais aussi à des pratiques spéculatives, les prix de l’énergie ont commencé à augmenter depuis le début 2022. Mais le phénomène s’est fortement accéléré ces derniers mois pour atteindre des niveaux inconnus jusqu’ici…

Mis à part quelques grandes entreprises (dont le secteur énergétique mais pas seulement) qui engrangent des surprofits astronomiques sur le dos des consommatrices et consommateurs, cette crise, dont les effets se font déjà sentir, va avoir des conséquences très importantes dans toutes les sphères de la société.

La situation est grave : si des mesures très fortes ne sont pas prises dans les semaines et mois qui viennent, nous fonçons droit vers une catastrophe sociale et économique qui est juste devant nous.

Jusqu’à présent, les mesures prises ou annoncées par les différents niveaux de pouvoir, européen, fédéral et régional, sont totalement insuffisantes pour affronter cette nouvelle crise… et l’hiver.

Les solutions existent : parallèlement à des mesures d’urgence, il est indispensable de déployer des politiques structurelles pour assurer des tarifs abordables et stables, pour faire contribuer les entreprises du secteur ayant engrangé des surprofits et pour secteur énergétique dans le giron – et sous contrôle – public. 

Ces mesures structurelles, dont la gestion publique de l’énergie (ainsi que des autres stratégiques), sont d’autant plus importantes pour deux raisons :

  1. Qu’on le veuille ou non, si l’on veut éviter le désastre climatique, 75% (au moins) des réserves de combustibles fossiles doivent rester à jamais dans le sous-sol. Alors que les effets de la destruction des écosystèmes provoqués par deux siècles de capitalisme sont là et que certains sont déjà irréversibles, la sortie rapide des énergies fossiles reste donc une nécessité et une urgence.
  2. Qu’on le veuille ou non, les énergies fossiles ne sont pas renouvelables et s’épuisent à grande vitesse. Certains pics de production sont déjà atteints et d’autres le seront bientôt. D’autres chocs énergétiques sont inévitables. Sans préparation, ces chocs provoqueront à nouveau des explosions de prix et/ou des chutes drastiques de la disponibilité en énergie, avec des conséquences sociales et économiques désastreuses. Des réflexions profondes doivent donc se mener sur la sobriété énergétique afin que celle-ci soit décidée démocratiquement, économiquement efficace et socialement juste.

Dans cette analyse, nous nous pencherons sur la gravité de crise et ses conséquences pour les ménages, les entreprises, le service public et non-marchand, les finances publiques mais aussi sur l'économie.