Un humain nommé Assange

Date de publication: 
03/09/2020
Auteur: 
Bruno Poncelet
Nombre de signes: 
13324

Nous vivons des temps obscurs et sombres.

Bien entendu, le plombeur d’ambiance qu’est le Coronavirus y est pour quelque chose : pour beaucoup d’entre nous, l’année 2020 restera comme celle où il a fallu vivre confiné, rester enfermé chez soi, ne plus voir ses amis, être obligé de porter un masque dans la rue et se tenir à distance des gens qu’on aime. L’horreur intégrale. Autant de choses auxquelles nous ne sommes pas habitués. Autant de choses auxquelles nous ne voulons pas nous accoutumer. Car la vie, ce n’est pas ça.

La vie, c’est aimer, recevoir, donner, rencontrer, découvrir, voyager, faire des rencontres, flâner sans penser à rien, la vie c’est échanger des points de vue, des mots, des impressions, des sentiments, des baisers, des gestes de tendresse, des élans d’amitié, et une foule d’autres choses qui nous donnent envie de nous lever le matin et la satisfaction de nous coucher le soir venu.

Pourtant, ce bonheur simple échappe à une multitude de personnes qui s’échouent de diverses manières sur les récifs de l’existence. Pour certains, le quotidien rime avec solitude, déprime ou angoisse de n’avoir personne sur qui compter. Pour d’autres, il s’enlise dans la pauvreté, un logement insalubre, des factures impayés et pas un rayon de lumière financière en vue pour échapper à un avenir morose, lugubre, incertain… Victime d’accident ou de maladie, d’autres doivent faire le deuil de leur santé, endurer des douleurs chroniques, s’habituer à être handicapé ou marcher à pas forcés vers le néant de leur disparition imminente. Si l’on est proche du malade, si l’on aime celle qui dépérit de jour en jour, si l’on estime celui qui s’amenuise inéluctablement, la douleur est atroce et le choc terrible…

Dans tout ce flot de malheurs, il en est de nombreux impossibles à éviter. Vivre, c’est être confronté aux hasards parfois cruels de l’existence qui - à tout moment - peut nous enlever ce qui est le plus cher à nos cœurs. Toutefois, de nombreux malheurs n’ont rien à voir avec la malchance ou la fatalité. Ils résultent plutôt de la manière dont nos sociétés se structurent, des priorités qu’elles se donnent et des problèmes que cela engendre.

Adaptation au changement climatique : quel impact sur l'emploi ?

Date de publication: 
11/05/2020
Auteur: 
Lydie Gaudier
Nombre de signes: 
10974

L'adaptation au changement climatique signifie "anticiper les effets néfastes du changement climatique et prendre les mesures appropriées pour prévenir ou minimiser les dommages qu'ils peuvent causer ou tirer profit des opportunités qui peuvent se présenter".[1]

Elle diffère de l'atténuation du changement climatique qui consiste à diminuer la quantité d'émissions rejetées dans l'atmosphère en vue de réduire la concentration actuelle de dioxyde de carbone (CO2).

L'atténuation s'attaque aux causes du changement climatique tandis que l'adaptation s'attaque à ses conséquences. Ces dernières sont multiples : augmentation de la température globale, vagues de chaleur (mais aussi parfois vagues de froid), inondations, sècheresses, vents violents, augmentation ou diminution des précipitations, montée du niveau des océans, acidification des océans, pertes de biodiversité, feux de forêt, apparition de maladies nouvelles sous des latitudes auparavant épargnées, etc.

[1] https://ec.europa.eu/clima/policies/adaptation_fr

 

Activité vs. Emploi. A propos d’une carte blanche d’Alexia Bertrand, députée MR.

Date de publication: 
07/05/2020
Auteur: 
Nicolas Latteur
Nombre de signes: 
27328

Dans une carte blanche publiée par Le Vif, Alexia Bertrand, députée et cheffe de groupe MR au parlement bruxellois, invite à penser « ce que la crise du coronavirus nous dit du travail »[1]. Son argumentation révèle les contours d’un projet politique qui, sous couvert d’appels à la « réinvention de soi » et à la créativité citoyenne, approfondirait violemment la précarisation des conditions de vie et de travail des salariés. Analyse critique de ce projet de régression sociale.

[1] Alexia Bertrand, « Ce que la crise du Coronavirus nous dit du travail », https://www.levif.be/actualite/belgique/ce-que-la-crise-du-coronavirus-nous-dit-sur-le-travail/article-opinion-1282557.html?cookie_check=1588232165. Saut mention contraire, les citations sont extraites de ce texte.

Objectifs de développement durable : Où en est la Wallonie ?

Date de publication: 
16/04/2020
Auteur: 
Jean-Luc Dossin
Nombre de signes: 
27560

L’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) et la Direction de l’État environnemental du Service public de Wallonie ont publié, en mars 2020, un rapport d’évaluation dressant le bilan des progrès de la Wallonie pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Un rapport réalisé avec le soutien d’un comité d’experts chargé de formuler des recommandations au Gouvernement wallon sur ce bilan.

Nous n’analyserons pas ici tous les éléments étudiés dans le rapport. Notre objectif est de nous pencher sur une sélection d’éléments qui nous sont apparus intéressants pour le monde du travail.

Après rappelés ce que sont les objectifs de développement durables (ODD) et la raison d’être de ce rapport de l’IWEPS, nous mettrons quelques indicateurs en évidence et  rappellerons quelques-unes des recommandations des experts. Enfin, une tentative d’analyse critique du concept-même de « développement durable » sera proposée avec, en filigrane, cette question : quelles pourraient être les ambitions supplémentaires pour l’avenir de ce développement durable ?

Ainsi, tout peut ralentir

Date de publication: 
09/04/2020
Auteur: 
Bruno Poncelet
Nombre de signes: 
36303

Comme beaucoup de monde sans doute, lorsque le Coronavirus a débarqué dans nos contrées, j’ai pris la chose de manière légère et débonnaire. Ce que j’avais retenu à propos de la ville de Wuhan où est apparu Covid-19, c’est que le virus était nouveau, qu’il se propageait comme une grippe, que la maladie était relativement anodine pour beaucoup de monde mais qu’elle pouvait dégénérer jusqu’à l’issue fatale dans certains cas (principalement chez des vieilles personnes ou des gens déjà malades). J’avais aussi entendu les médias critiquer les mesures par trop liberticides adoptées par les autorités chinoises, qui avaient notamment décidé la mise en quarantaine de plus de 50 millions de personnes (quasiment toute la province de Hubei) afin d’éviter la propagation du virus. Mixées les unes aux autres, toutes ces informations donnaient bien lieu à une légère appréhension dans ma tête quand Covid-19 s’est invité chez nous, mais pas au point de refuser les déplacements amicaux (j’ai été dire bonjour à une amie en France la première semaine de mars), ni de bouder les rassemblements populaires (j’ai participé à la manifestation pour les droits des femmes du 8 mars à Bruxelles) ni même de saluer collègues et amis d’un bisou pourvu qu’ils répondent favorablement à la question-rituelle du moment : « tu salues du coude ou tu donnes encore un bisou ? »

Quel travail voulons-nous ?

Date de publication: 
06/04/2020
Auteur: 
Nicolas Latteur
Nombre de signes: 
34900

 La « crise du Coronavirus » met à l’avant plan le travail comme un enjeu politique de première importance. Quelles sont les activités essentielles ? Comment la société alloue-t-elle des ressources à celles-ci ? Comment des salariés peuvent-ils se protéger de risques sanitaires ? Ces questions invitent à construire des mobilisations pour transformer le travail et le redéfinir démocratiquement.

Travail & conditions de travail sous Covid-19

Date de publication: 
02/04/2020
Auteur: 
Maurizio Vitullo
Nombre de signes: 
10229

Aux grands maux, les grands remèdes.  Et en la matière, l’OCDE s’y connait. Pour lutter efficacement contre la pandémie Covid-19, elle recommande la dérégulation ! Pour relancer économique et la machine productive, la flexibilisation ! Et pour contrer les méfaits socio-économiques du virus, l’assouplissement !

Tous eurosceptiques ? Eclaircissement & typologie

Date de publication: 
31/03/2020
Auteur: 
Quentin Jacquet
Nombre de signes: 
8380
L’euroscepticisme est un concept souvent employé. Tellement utilisé qu’on en oublierait presque sa signification, ses caractéristiques, ses défenseurs et surtout ceux qui ne le défendent pas, mais à qui on impose parfois cette étiquette. Cette analyse poursuit un modeste objectif : clarifier, simplifier et démêler les nœuds d’un problème de sens autour d’une notion parfois floue. Décryptage de l’euroscepticisme entre Brexit, Parlement européen et image politique.

L'extrême droite en Wallonie : banaliser pour exister

Date de publication: 
12/03/2020
Auteur: 
Quentin Jacquet
Nombre de signes: 
11169

Alors que l’extrême droite accède aujourd’hui à une plus grande représentation politique en Flandre et en Europe, la Wallonie, quant à elle, semble encore hermétique à l’idée de la laisser entrer au sein de sa sphère parlementaire ou gouvernementale.

Face à ce blocage démocratique, l’extrême droite s’ouvre désormais à de nouvelles stratégies de communication et tente de paraître plus fréquentable aux yeux des citoyens et des autres partis traditionnels. Le but ? Réussir là où elle avait échoué auparavant et accéder, un jour peut-être, au pouvoir. Pour ce faire, elle joue la carte de la banalisation de ses idées les plus extrêmes, profitant d’un contexte socio-économique favorable.

Dès lors, s’interroger sur cette nouvelle forme d’extrême droite, sur sa nature, ses idées politiques et les dangers qu’elles représentent, se révèle être un enjeu majeur dans la prise de conscience des forces qui menacent la démocratie.