Date de publication: 
09/04/2020
Auteur: 
Bruno Poncelet
Nombre de signes: 
36303

Comme beaucoup de monde sans doute, lorsque le Coronavirus a débarqué dans nos contrées, j’ai pris la chose de manière légère et débonnaire. Ce que j’avais retenu à propos de la ville de Wuhan où est apparu Covid-19, c’est que le virus était nouveau, qu’il se propageait comme une grippe, que la maladie était relativement anodine pour beaucoup de monde mais qu’elle pouvait dégénérer jusqu’à l’issue fatale dans certains cas (principalement chez des vieilles personnes ou des gens déjà malades). J’avais aussi entendu les médias critiquer les mesures par trop liberticides adoptées par les autorités chinoises, qui avaient notamment décidé la mise en quarantaine de plus de 50 millions de personnes (quasiment toute la province de Hubei) afin d’éviter la propagation du virus. Mixées les unes aux autres, toutes ces informations donnaient bien lieu à une légère appréhension dans ma tête quand Covid-19 s’est invité chez nous, mais pas au point de refuser les déplacements amicaux (j’ai été dire bonjour à une amie en France la première semaine de mars), ni de bouder les rassemblements populaires (j’ai participé à la manifestation pour les droits des femmes du 8 mars à Bruxelles) ni même de saluer collègues et amis d’un bisou pourvu qu’ils répondent favorablement à la question-rituelle du moment : « tu salues du coude ou tu donnes encore un bisou ? »