Choisir son camp

Date de publication: 
20/12/2019
Auteur: 
Bruno Poncelet
Nombre de signes: 
16255

Monsieur le Juge, je ne sais pas très bien pourquoi on m’a traîné ici, mais une chose est sûre : je suis innocent. Les accusations dont je suis l’objet sont calomnieuses. Lisez le dossier, écoutez mes témoins : il n’y a rien de sérieux là-dedans. Vous savez, les gens qui m’accablent parlent sans savoir. Ils prêtent l’oreille aux cancans et aux rumeurs, sans vérifier, sans rien savoir. Si vous voulez mon avis, ce sont des frustrés qui cherchent à se faire mousser. Sans doute sont-ils en mal de reconnaissance ? Quelle autre explication ? Ils ont envie de briller en société, et leur seule manière d’y parvenir - certes pathétique - c’est de m’accuser. À la belle heure ! (...)

Chômage : que sont les exclus devenus ?

Date de publication: 
16/12/2019
Auteur: 
David Lannoy
Nombre de signes: 
16712

Le CEPAG a déjà consacré plusieurs analyses et événements autour de la question des exclusions du système d’assurance chômage. Il y était question de quantifier les exclusions, d’examiner leur répartition régionale, d’effectuer une analyse de genre, etc.

Ce document sera consacré à « l’après exclusion ». Qu’est-il advenu des personnes en « fin de droits » ? Ont-elles trouvé du travail ? Si oui, de quelle qualité ? Retrouve-t-on des « fins de droits » dans les CPAS ? D’autres se retrouvent-ils en maladie ? Qu’en est-il des absents des statistiques, celles et ceux qui n’apparaissent plus nulle part ?

A l’aide des statistiques et études de diverses institutions, nous tenterons d’amener un maximum de réponses à ces questions. Nous pourrons ainsi, vérifier, par les faits, si les objectifs affichés par les responsables politiques ayant mis en œuvre ces mesures (« remettre les chômeurs à l’emploi » ou encore «  sortir 380.000 personnes de la pauvreté »…) ont été effectivement atteints.

Les Bruxellois inégaux devant la santé

Date de publication: 
11/12/2019
Auteur: 
Thaddée D'Haegeleer
Nombre de signes: 
10149

La Belgique est souvent présentée comme un pays dans lequel les soins de santé sont de très bonne qualité et quasi gratuits, grâce notamment à une sécurité sociale forte et un large réseau d’hôpitaux publics et de médecins conventionnés dont les prestations sont remboursées par la sécurité sociale. Il est vrai qu’avec son système d’assurance obligatoire, la Belgique est l’un des pays européens les plus performants en termes de couverture de soins. Cependant, selon un récent rapport de la Commission européenne[1], nous sommes également un des pays de l’Union Européenne où l’inégalité d’accès aux soins entre les hauts et bas revenus est la plus marquée ! Comme nous allons le voir, Bruxelles n’est pas épargnée par ce triste record… Bien au contraire, ces inégalités sont plus fortes encore dans en région bruxelloise qu’en Flandre et en Wallonie !

[1] V. Buffel & I. Nicaise (2018), « ESPN Thematic Report on Inequalities in access to healthcare Belgium 2018 », European Commission, DG for Employment, Social Affairs and Inclusion.

Tunisie : quels sont les nouveaux espoirs de changement ?

Date de publication: 
10/12/2019
Auteur: 
Orville Pletschette
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36002

Le processus de transition en Tunisie passe aussi par l’économie sociale et solidaire, dans l’esprit de la Révolution de 2011 : regards sur l’exemple des Oasis de Jemna.

Retour sur les observations faites par des membres du CEPAG, impliqués dans le Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie (CVDT) Belgique-Tunisie, lors de voyages et de missions d’observation entre 2018 et 2019, à la découverte des Oasis de Jemna et à l’occasion des récentes élections législatives du 6 octobre 2019.

Un enseignement reproducteur d'inégalités plutôt qu'ascenseur social

Date de publication: 
25/11/2019
Auteur: 
Thaddée D'Haegeleer
Nombre de signes: 
13116

Le niveau de scolarisation est déterminant dans l’accès à un emploi de qualité. Comme le montrent les chiffres ci-dessous (graphique 1), le taux d’emploi des bruxellois est fortement corrélé à leur niveau de diplôme : ainsi 82% des bruxellois détenteurs d’un diplôme du supérieur de type long sont à l’emploi en 2017, pour seulement 35% des personnes ayant achevé au maximum des études secondaires inférieures.

A son tour, l’accès à un emploi, s’il est de qualité, garantit l’accès à des revenus et à une vie digne : seulement 2,5% des travailleurs belges avec un niveau d’éducation élevé sont en risque de pauvreté, contre 9,5% pour les travailleurs belges avec un niveau d’éducation faible.[1

[1] Baromètre interfédéral de la pauvreté.

Attaquer la dette et la pauvreté par tous les bouts

Date de publication: 
14/11/2019
Auteur: 
Olivier Bonfond
Nombre de signes: 
10172

26 mai 2019. Jour des élections en Belgique. La droite dure, la droite intolérante, celle qui veut « frapper» les migrant·e·s, les féministes, les gauchistes, les démocrates, les Arabes, les étranger·ère·s explose en Flandre pour atteindre presque 30% des voix. Pour tou·te·s les progressistes de ce pays, c’est un gros coup sur la tête… Dans les jours qui suivent, plusieurs manifestations contre la montée du fascisme s’organisent. Et, comme je l’ai souvent vu ces dernières années, un commentaire provenant de « notre camp» se lit ici ou là :

« C’est bien de manifester, mais, s’il vous plait, arrêtez d’être contre, cela ne sert à rien. Ce qu’il faut, c’est montrer ce que nous voulons.»

Cette critique est en partie justifiée: si l’on veut mobiliser les énergies pour un véritable changement, on ne peut pas se contenter de critiquer le capitalisme, le néolibéralisme ou le fascisme. Il faut montrer, arguments à l’appui, qu’une autre voie est possible et désirable. Cependant deux remarques doivent être faites.

Premièrement, agir contre ce que l’on ne veut pas peut être très utile, car se battre pour la justice commence souvent par combattre l’injustice. La lutte contre l’esclavage ou la discrimination envers les femmes sont de bons exemples. Ces combats, organisés autour d’une revendication contre une injustice, portent en eux les valeurs d’égalité et de liberté. Les deux positions (« contre» et « pour») ne sont pas contradictoires mais complémentaires. (...)

Analyse CEPAG publiée comme préface à l’ouvrage  « Neuf essentiels sur la dette, le surendettement et la pauvreté » de Culture et Démocratie, 2019.

Belgïe Bar.s.t : du slogan à la réalité...

Date de publication: 
07/11/2019
Auteur: 
David Lannoy
Nombre de signes: 
16232

De Belgïe Barst ! (« Belgique, crève !), cri de ralliement des extrémistes des années 80, à l’image « respectable » donnée par la N-VA de Bart De Wever aujourd’hui, le nationalisme flamand a fortement évolué au fil du temps.
Cette mutation s’est accompagnée d’une croissance électorale sans précédent.

A l’heure actuelle, les listes revendiquant l’indépendance de la Flandre rassemblent près de la moitié des suffrages en Flandre.

C’est cette montée du nationalisme flamand que nous allons tenter d’analyser.

En étudiant les principales évolutions du mouvement, l’objectif est de mieux cerner la situation politique flamande actuelle et d’amener des éléments de réflexion quant à l’avenir institutionnel du pays.

La crise du logement à Bruxelles

Date de publication: 
30/10/2019
Auteur: 
Thaddée D'Haegeleer
Nombre de signes: 
19610

En moyenne, le quart des ménages bruxellois les plus pauvres consacrent ainsi près de la moitié (47%) de leur budget au logement et à ses charges alors que le quart des ménages les plus riches n’y consacre que 27% de ses dépenses totales.

Cette part prépondérante du logement dans les dépenses totales des ménages les plus modestes est un vecteur de précarité pour ceux-ci puisqu’elle les prive de pouvoir d’achat dans d’autres domaines.

Quelle qualité pour l'emploi bruxellois ?

Date de publication: 
28/10/2019
Auteur: 
Thaddée D'Haegeleer
Nombre de signes: 
17542

Depuis cinq ans, le chômage baisse dans les trois Régions du pays, essentiellement en raison d’une certaine reprise économique en Europe. La Région bruxelloise profite elle aussi de cette embellie: alors que depuis la crise financière de 2008, le taux de chômage augmentait et le taux d’emploi diminuait, cette tendance s’est inversée en 2013. Les deux taux que nous venons de citer sont généralement perçus comme de bons indicateurs de l’état du marché du travail, et sont même au cœur des objectifs politiques en matière d’emploi. Les médias et les gouvernements se réjouissent donc tout naturellement de cette baisse ininterrompue du taux de chômage.

Si nous ne pouvons bien entendu qu’accueillir positivement la baisse du chômage, il importe aussi de nuancer quelque peu la portée des chiffres avancés.